Le groupe de travail « Vivre ensemble » formule plusieurs propositions d’ordre statutaires pour moderniser le Parti . Quel sens accordez-vous à ce travail ?
Je souhaiterais saluer, pour commencer, l ’esprit qui a présidé aux réunions du groupe de travail. En dépit d’approches différentes, chacun a pu expri mer son opi ni on, dans des conditions courtoises et amicales . Nous avons constaté, d’autre part, qu’ il était plus que jamais nécessaire d’adapter le rythme de vie du Par ti au quinquennat. Le Parti a-t-il besoin de se forger une nouvell e identité ? Nous avons profité de cette phase initiée et voulue par François Hollande pour renouveler notre déclaration de princi pes et améliorer l e mode de fonctionnement du Parti . Si cela pouvait augurer d’une ambition plus collective, ce serait le signe d’une avancée significative.
Vous suggérez une modification du rythme des congrès . Cela signifie t il que le principe du calendrier triennal est aujourd’ hui dépassé et que ces rencontres s'ordonneront, à l'avenir autour de l'élection présidentielle ?
Notre vonté est de remettre le débat poliique au coeur de nos priorités. Aprés avoir débattu, nous avons mis au point un calendrier qui tient effectivement compte de la présidentielle, sans pour autant faire de cette élection le fil conducteur de notre réflexion.
Vous appelez par ailleurs à une modification du fonctionnement du Conseil national pour en faire un lieu d’élaboration et d’échanges à part entière. Entendez-vous ainsi donner un nouvel élan au débat d’idées que les militants appel- lent de leurs vœux ?
Oui. On voit d’ailleurs qu’avec la proportionnelle poussée à son paroxysme, le fonctionne- ment du Conseil national génère des insatisfac- tions. D’un commun accord, nous avons donc décidé de faire de cette instance ce que Pierre Mauroy appelait lui-même le « Parlement du Parti », un espace de débat à part entière où l’on puisse voter. Et non plus une simple tribune réservée aux seuls ténors !
Vous préconisez la création d’un Conseil des territoires. Quelles missions comptez-vous lui assigner ?
En l’état, la place des élus dans le Parti pose questions. Leur poids et leur apport dans la vie locale, leurs expériences, leurs préoccupations sont insuffisamment pris en compte. Au point que certains ont pu prendre leurs distances. Ils doivent donc pouvoir exprimer librement leur point de vue au sein d’une structure qui les représente pleinement.
Cela ne revient-il pas à remettre en cause la Fédération des élus socialistes et républicains (FNESR) ?
Non. Le Conseil des territoires est destiné à être un lieu où pourront se croiser celles et ceux qui siègent dans des associations d’élus, parce qu’ils ont l’étiquette socialiste. Il est important qu’ils puissent faire valoir leurs différences, en suscitant le débat dans le Parti. Contrairement à la FNESR qui rassemble, par vocation, des élus socialistes et républicains, cette organisation s’adressera à nos seuls représentants locaux.
Parmi les pistes évoquées, vous suggérez une nouvelle définition du rôle du Premier secré- taire. Quelles seraient ses missions ?
Au moment où François Hollande s’apprête à quitter le Parti, il nous a semblé opportun de rappeler l’importance du rôle du Premier secré- taire, en le confortant dans sa mission de chef de l’exécutif, tout en renforçant le rôle du Conseil national, mué en organe législatif. Jusqu’ici, le seuil à atteindre pour siéger au sein des instances nationales du Parti s’élève à 5 % des suffrages exprimés. Certains militent activement pour un relèvement afin de donner plus de force au courant majoritaire.
Quelle est la position du groupe de travail sur cette question ?
Je suis convaincu, pour ma part, que les modes de scrutin sont faits pour être changés, dans la mesure où ils génèrent des difficultés qui leur sont propres. Qu’ils s’agisse des modes de scru- tin majoritaire à l’Assemblée, ou proportionnel au sein du Bureau national, les obstacles existent. Nous sommes donc décidés à instiller de la politique partout où c’est possible, en favorisant le débat et en évitant toute espèce de dérive comme celles qui ont pu prévaloir au temps de la SFIO. C’est bien pour cela que nous suggérons d’aller au bout de la démarche engagée, en 1995, par Lionel Jospin, en permettant aux sections et autres fédérations de bénéficier d’une représen- tation au nombre de votants, et non plus seule- ment en fonction des mandats. Le système que nous préconisons est fondé sur la réalité du vote.
Quand ces propositions seront-elles soumises au vote des militants ?
Le 29 mai, dans les sections, puis, dans les fédé- rations, afin de prendre en compte la nouvelle déclaration de principes et l’amélioration des conditions du fonctionnement interne, propices au« vivre ensemble » que nous appelons de nos vœux.
Propos recueillis par Bruno Tranchant
Source: Cahier spécial « Vivre ensemble » : les propositions statutaires (Hebdo des socialistes 488 6 mai 2008)
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